Un grand bravo.
On commence fort mais vous le méritez, je note un vif répondant de la part des éternels fidèles comme des novices. Vous avez accueilli avec panache ce dernier né de la toile. Spéciale dédicace à my dear Paul qui m'a fait bien plaisir, sans oublier les charentais qui ne sont pas en reste question conneries mon pôv'.
C'est pour vous récompenser que je vais vous raconter mon week end.
Tout heureux au réveil samedi matin à l'idée de m'embarquer avec mon pote franco-colombien François vers le magnifique village colonial de Villa de Leyva à deux heures de Bogotà, ce fut avec désespoir que je reçus sans délai un coup de téléphone dudit pote qui, s'étant malencontreusement trouvé au volant de sa voiture au mauvais endroit au mauvais moment la veille au soir, avait subi un léger accrochage avec une moto. Vous me direz que vu la façon de conduire de ces chers Bogotanos, cela relève de la routine. Néanmoins cela a suffi a repousser à plus tard le beau voyage et croyais-je, à ruiner mon week end.
Mais c'était oublier mon cher coloc Luis qui, toujours un bon coup en réserve, m'invita sur le champ dans sa Finca (maison de campagne en Colombien) où il avait prévu d'aller se reposer. Aubaine! En route...
La Finca de Luis, c'est son père qui l'a construite. En bon militaire organisé il n'a rien laissé au hasard puisque on y trouve, dans le désordre, une chapelle, un berger allemand, quatre perroquets, six orangers, une piscine, une bonne quarantaine de chapeaux ornant les murs, trois fontaines et tout un régiment de piafs en cage qui rendent l'endroit simplement inimitable. Et on s'y sent bien. Alors ce fut sans effort que je m'endormis presque aussitôt arrivé sur un canapé du salon avec vue sur les montagnes, pour me remettre de ce triste accident de voiture que j'avais vécu presque en vrai.
A peine réveillé de la sieste, nous voilà partis en compagnie de Luisa (la copine de Luis, marrant non?), de son génial Grand Père Hector dit "Abuelo" qui n'habite pas loin et de José, gardien de la Finca vers le village d'à côté pour aller soit disant "jouer" et par la même occasion "forger ma connaissance de la culture locale".
Le Tejo, c'est un jeu tout ce qu'il y a de plus "Made In Colombia" ou il est question de boue, de poudre à canon, de palets de fer et d'alcool. Jusqu'ici c'est on ne peut plus obscur, mais tout s'éclaire en rentrant dans l'arène. Il s'agit d'un petit terrain couvert, sol de terre battue, divisé en pistes parallèles de 18 mètres de long avec à chaque bout des pistes une construction en bois remplie de glaise molle brunâtre. "Qu'est-ce que c'est que ce bordel", pensai-je en entrant, quand Hector, dans un éclat de rire me pris par le bras pour me guider vers une petite armoire en bois où l'on trouve des Tejos, de petits palets de fer d'un kilo environ. "Qu'est-ce que c'est que ce bordel" pensai-je encore tandis que Hector, ancien prof de sport, m'enseignait déjà à lancer la chose afin, vous l'avez deviné, d'atteindre la boue avec un petit "plaf" caractéristique du bon lancer... Hector avait pris soin auparavant de disposer quatre "mechas", des petits triangles de papier remplis de poudre et disposés en cercle qu'il s'agit de faire exploser avec le Tejo.
Et nous voilà partis, à balancer ce putain de poids sur 18 mètres pour le coller dans la boue et faire exploser un pétard. Voilà qui est moins compliqué que les échecs, mais pas évident non plus lorsqu'il s'agit de se rapprocher le plus du cercle que forment les pétards, façon pétanque. On a joué en doublette (les charentais comprendront) et en bon débutant, j'ai fait des miracles avec Hector et on a gagné...
Et l'alcool, vous entends-je demander. Et bien pour accéder à une piste de Tejo, il est OBLIGATOIRE d'acheter au comptoir une demi caisse de bière ou du rhum. Parce qu'il est evidemment bien plus marrant de lancer un poids d'un kilo avec des tas de gens autour quand on est bourré. Inutile de préciser que les bons paysans qui jouent à ce jeu chaque soir finissent souvent par se bastonner sévère... mais c'est ça qui est bon!
Après un dimanche en douceur au milieu des plantes et des piafs, ce fut une épreuve de retouver le trafic de Bogotà. Mais, la tête pleine de boue et de pétards, je me suis endormi heureux.
Deux petites photos du Tejo, d'autres à venir bientôt...
J'entends d'ici les commentaires... "Ah ben sympa, il parle de paysages époustouflants et de femmes superbes dans la première note et il nous emmerde avec sa boue et ses pétards dans le second...". Certes. Pour les femmes il va falloir un peu de patience, mais pour les paysages je vous transmets quelques photos prises l'an dernier dans la région de Santa Marta, histoire de vous rafraîchir la mémoire...
Prenez soin de vous, ou que vous soyez.
S.
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