Aotearoa en Maori. New Zealand en anglais. Un voyage unique, en français.
C'est parti d'un coup de tête, il y a quelques mois. Se retrouver en famille pour la fin de l'année, mais cette fois aux antipodes. L'idée a fait son chemin, et puis se concrétise finalement, avec la famille pas tout à fait au complet mais presque. Retour sur trois semaines magiques.
CITY OF SAILS
Auckland est embrassée par la mer et prend dans cette accolade ses habitants qui ont un pied sur terre et l'autre dans l'Océan. Héritage métissé d'une tradition Maori et d'une obsession Britannique, à Auckland on fait du bateau. Le temps d'un dimanche ensoleillé, les eaux qui l'entourent se couvrent de voiles blanches comme les vagues moutonnantes. Vu de la cime paisible des innombrables petits volcans éteints qui ponctuent la ville, le panorama est idéal.
Pendant une semaine dans la Patrie de feu Sir Peter Blake et désormais celle de mon cher frère, nous avons oscillé entre les plages du nord, bordées de Pohutukawa Trees fleuris d'une explosion rougeoyante, les vignobles abrupts de l'île de Waiheke et des extases gastronomiques variées. Quelques premières dégustations de vin local seront l'introduction à trois semaines ponctuées par la visite de superbes vignobles et par la perpétuelle surprise de la qualité des millésimes. Pour seulement une quinzaine d'années d'histoire, l'industrie vinicole du pays a atteint une qualité remarquable et développe avec joie une relation simple et charnelle au vin. On ne s'y complique pas la vie, pas de sclérose élitiste: c'est un produit de plaisir. Une perspective relaxante face aux décrets menaçants des pseudo experts de l'Ancien Monde.
Derniers jours à Auckland autour d'une inoubliable journée de Noël ensoleillée, dernière ballade à la plage avant le second chapitre.
TAUPO
Sur les cartes de Nouvelle Zélande, au centre de l'île du Nord, il y a une grande tâche bleue. C'est le Lake Taupo, puissante masse d'eau cristalline juchée dans un profond cratère hérité d'une série colossale d'éruptions supervolcaniques depuis environ 25.000 ans. L'histoire de ces éruptions est un enchaînement de cataclysmes que l'on a du mal à s'imaginer en contemplant la paix de cet énorme miroir d'eau bleu nuit. La lumière y passe de l'or à l'argent en quelques heures. Je ne crois pas avoir vu ce lac identique en une semaine tant le ciel combine avec lui ses teintes les plus inattendues.
Taupo fut le départ de deux expéditions inoubliables. La première fut le Black Water Rafting, invention évidemment Néo Zélandaise qui mélange rappel, spéléo, tyrolienne et nage dans les eaux souterraines du coin, le tout sous les plafonds des galeries illuminés par des colonies géantes de vers luisants, ciel étoilé à 70 mètres sous terre. C'était mon cadeau de Noël de la part du frérot. Unique. Merci!
La seconde expédition fut, elle, bien terrestre, et nous a mené sur les flancs du Mont Ngauruhoe, plus connu grâce à Sir Peter Jackson, sous le nom de Mount Doom, la montagne du Mordor du Seigneur des Anneaux. Les 18 kilomètres du Tongariro Alpine Crossing sont une légende dans le monde du trekking, et pour cause. Après une escalade du Devil's Staircase, deux traversées de colossaux cratères de volcans nous amènent presque sur la Lune pour dévoiler un chapelet de lacs turquoises et finir par une descente vers le Lake Taupo à l'horizon. Un moment de grâce que nous avons choisi de faire le 31 décembre, idéal pour terminer l'année en beauté.
Encore un peu de ski nautique sur le lac, un dernier déjeuner au soleil, et nous voilà de retour à Auckland pour voler lendemain vers l'île du Sud, et vers Queenstown.
VIGNOBLES ET ELASTIQUES
Jadis haut lieu de la ruée vers l'or Néo Zélandaise après avoir été un temps terre de chasse et source de jade pour les Maoris, Queenstown connaît depuis la seconde moitié du 20ème siècle une troisième vie depuis qu'elle est devenue une des capitales mondiales des sports de montagne et des sports extrêmes. On y trouve un mélange particulier de backpackers et de Néo Zélandais en villégiature estivale ou hivernale, car Queenstown fonctionne tant l'hiver pour le ski que l'été pour tout le reste: saut à l'élastique, jetboat, kayak, rafting, trekking, chute libre parapente, moto, VTT... Bref, tout pour se faire peur quoi.
Difficile cependant de ne pas être d'abord absorbé par la majestueuse chaîne des Remarkables dont la vue me figea quelques instants au sommet des marches à la descente de l'avion. Impossible de ne pas s'émouvoir devant le lac Wakatipu, posé comme dans un écrin dont émerge brutalement un chapelet de montagnes au sommet enneigé. Rare de ne pas rester coi à la vue des vignobles de cette fameuse région du Central Otago, plantés sur d'improbables plateaux à l'orée des sommets comme un défi de la grâce lancé aux éléments adverses de cet étrange endroit du monde. Défi largement remporté par les viticulteurs de la région qui peuvent être fiers de leurs magnifiques produits, souvent élaborés dans un strict respect de l'environnement et avec beaucoup de créativité. Carrick, Amisfield, Bannockburn, Mount Difficulty, Peregrine, Rippon, autant de wineries incroyables, souvent accompagnés d'un superbe restaurant sur la propriété. Je vous parlais de plaisir, là bas c'est le pain quotidien!
Entre les repas et la contemplation des montagnes, nous n'avons quand même pas chômé. On a commencé les hostilités par un petit tour de Jet Boat en famille. Il s'agit encore d'une invention Néo Zélandaise qui consiste simplement en un bateau propulsé par un moteur jet de 800 chevaux sur 30 cm d'eau, le tout à toute berzingue entre les parois verticales du canyon de la rivière shotover. Les parents ont survécu et en sont sortis trempés mais heureux, nous aussi! Le plat de résistance fut bien sûr le Bungy Jumping pour Ben et moi. Encore une invention locale... Un premier saut à 134 m a dépucelé le frérot, qui en a redemandé le lendemain, donc rebelote à 43 m sur le premier site au monde de Bungy Jump, le Kawarau Bridge. Nous avons donc fait honneur à Queenstown, à ses vins et à son adrénaline. Un dernier hommage aux montagnes et nous voilà repartis pour Auckland.
Un dernier dîner, une dernière baignade ont conclu formidablement cette mémorable expédition familiale quasi complète, qui nous a enfin permis de connaître l'univers de frérot, sa belle et son blondinet et demi. Enorme merci à vous, et aux Cognac Longhursts pour ce voyage inoubliable. A l'année prochaine!
Photos dans l'album Nouvelle Zélande.
GENIAL SEB! quel plaisir de te lire et retrouver les sensations du voyage et de l'exploration! les photos sont mortelles! surtout celles du bungy et du tongariro crossing...
bises et keep writing
july
Rédigé par : july | 17/01/2010 à 05:23